Ennorath s'éveilla lentement suite à l'importante commotion qui l'avait vu naître. Un peu comme un enfant, elle ne savait pas vraiment comment elle était venue au monde. Elle sentait bien la présence de ses parents, enveloppante et aimante. Elle percevait son environnement sans en comprendre la signification ou même le rôle quoique qu'elle en comprenait pleinement l'importance pour sa propre vie. Un bébé pleur devant l'étranger, sourit à la nourrice. L'instinct de survie est probablement le seul lien vraiment commun à toute espèce vivante.
Peu à peu, l'équilibre se rétablit sur Ennorath. La plupart des espèces vivantes avait été amochée par le processus de création et certaines espèces, plus fragiles, avaient été soufflées et s'étaient éteintes à jamais. Les étapes franchies par la faune et la flore furent aproximativement les mêmes que celles qui ont suivies l'origine. Et un autre millénaire de guerre inter espèce défila jusqu'à l'équilibre qui marqua les milles années suivantes, années de maturation d'Ennorath.
Ennorath prit peu à peu racine dans son univers. Elle avait germé et son esprit pointait vers le ciel usant l'eau, la terre et l'air comme comburant. C'était son essence vitale. Que pouvait-on attendre d'autre de la part de ses trois parents? Et même si l'enfant ressemble étrangement à ses parents, il est quand même unique et différent. En fait Ennorath avait intégrée dans son être même , toutes les créatures vivantes créées par Gaïa, Aeirie et Hyomel. Chaque baleine, chaque lion, ours et souriceau, le moindre moustique ou la plus petite fourmi, du séquoia à l'algue bleue, tous ne formaient qu'un avec Ennorath.
Comment vous expliquer qu'un grain de sable, qu'une vague, un nuage, une abeille et sa ruche sont Ennorath et qu'Ennorath est chacune de ces choses. Au même titre que la bactérie intestinale de n'importe qu'elle mammifère fait partie de lui à son insu et que le bon fonctionnement de sa digestion en dépend, ce mammifère en question n' a aucunement connaissance de sa préscence. Et sans elle, il mourrait!
Ennorath avait conscience de son unicité et cela commençait à lui peser royalement. La vie trouve toujours son chemin, soit, mais sans l'étincelle initiale, point de vie. Et l'étincelle allait jaïr à tout moment. Ennorath était en gestation. Et sans géniteur, bien malin qui pu prédire le résultat de cette création. La fille du vent, de la terre et de la mer allait engendrer une toute nouvelle classe d'êtres vivant, doté d'intelligence et de capacité de communication à tout le moins plus efficace que tous ce qui existait déjà.
En fait, c'est de triplés qu'Ennorath accoucha. Les premiers à poindre furent les elfs, dont les traits faisaient penser à Aierie. Grandes gens filiformes et gracieuses aux oreilles pointues. Légers comme l'air, ils aimaient les hauteurs et s'y logeaient. Doux comme la brise de printemps ils aimaient le beau et la musique du vent dans les branches. Ils étaient plus que doué dans la composition et créaient des symphonies en accord avec la nature. Mais la plus légère des brises peut se transformer en ouragan et toute agression entrainaît une réaction proportionnée. Ils étaient bons, mais pas bonnassent.
Vinrent ensuite les nains. Petits et robuste comme le roc qu'ils travaillaient. Gens de montagne et de grandes réalisations. Ils aimaient particulièrement les pierres précieuses et excellaient en orfèvrerie. Dignes fils et filles héritiers de l'essence de Gaïa, ils façonnaient les profondeurs de la terre et y érigeaient des cités d'une splendeur magnifique. Plutot méfiant de nature , ils avaient tendance à éviter les contacts avec l'extérieur et limitaient ceux-ci aux échanges de nature commerciale.
Finalement, apparue la race des hommes. L'eau les rassemblait invariablement et leur courte vie rappelait l'onde du ruisseau qu'on perd à la moindre inattention. Cela en faisait une race vive et intense comme Hyomel dont vous aurez ici reconnu le profil. Voyageurs, explorateurs, ils privilégiaient la voie des eaux pour se déplacer et construisaient des vaisseaux qu'ils propulsaient par la force d'Aeirie. Ils exploitaient aussi ses ressources pour fin de susbsistance et avaient appris à utiliser sa capacité de préserver la vie pour développer l'agriculture et l'élevage.
